Expositions : Musée Saint-Georges, Liège, 2006

La Caravane du Caire.
L'Égypte sur d'autres rives.


Section I
Isis et les (Gallo-) Romains

La première salle donne un aperçu de la "présence" égyptienne dans nos régions durant l'Antiquité.

La plupart des objets présentés ont un rapport avec la famille isiaque. Ces représentations d'Isis, d'Osiris, de Sérapis ou d'Harpocrate sont appelées Isiaca.

Suite à la conquête de l'Égypte par Alexandre le Grand, la culture grecque et la culture égyptienne s'influencèrent. Isis subit une certaine hellénisation. Son culte se développa en Grèce puis en Italie dès la fin du IIe siècle av. J.-C. pour s'étendre à travers l'Occident méditerranéen.
Le réseau fluvial et routier permit de l'amener dans les régions mosanes.

- Isis conserve l'apparence qu'elle avait à l'époque pharaonique dans les représentations où elle se retrouve assise, allaitant Horus l'enfant (Isis lactans).

- On la retrouve également vêtue d'un chiton et d'un himation noué sur la poitrine. Sa tête est surmontée d'un basileon, disque solaire encadré de deux cornes et surmonté de deux hautes plumes.

- Elle reprend les attributs d'autres déesses : on peut la voir tenant une corne d'abondance et un gouvernail, elle devient la déesse Fortuna et celle de la navigation.

Les divinités associées à Isis connurent également une certaine popularité :

- Osiris, dont l'image change peu, devient le dieu régnant sur les enfers.

- Leur fils Harpocrate (Horus l'enfant) ne garde de l'iconographie égyptienne que le doigt qu'il porte à la bouche.

- Anubis, qui aida Isis dans sa quête, emprunte au dieu Hermès une tunique courte et un caducée.

- Le taureau Apis s'ajoute à la famille isiaque. Il est associé à Sérapis, divinité barbue assez semblable à Zeus, coiffée d'un calathos. Il deviendra le nouvel époux d'Isis.

Outre les Isiaca, sont également présentés quelques aegyptiaca, objets égyptiens ou égyptisants. On ignore s'ils furent fabriqués en Égypte, en Italie ou dans des ateliers locaux.

À titre d'exemple, notons la présence :

- d'un balsamaire de bronze (objet destiné à contenir du parfum ou des onguents) en forme de buste de Nubien reposant sur une fleur de lotus, retrouvé dans un cimetière romain proche de Tongres
- d'une petite figurine en forme d'hippopotame surmonté d'un serpent provenant d'une tombe de Bingen.

On a retrouvé des pierres égyptiennes dans les constructions. La villa gallo-romaine de la Place Saint-Lambert de Liège livra du porphyre issu du désert oriental égyptien.

la pseudo-Isis d'AnversParmi les pièces exposées mais à éliminer des objets issus de nos régions, une statue conservée au Museum Vleeshuis d'Anvers et rebaptisée "la pseudo-Isis" attire l'attention.

Posée sur un socle où figurent en lettres majuscules le mot ISIS, haute de 95 cm, cette statue en granit noir est en fait un astucieux montage.

La tête provient d'une statue royale de l'époque ptolémaïque dont le némès a été retaillé pour s'adapter au corps d'un dignitaire de la XXVIIe dynastie habillé d'un vêtement de type "perse".

La pièce aurait été introduite dans le nord du pays à partir de l'Italie dans le courant du XVIIIe siècle.



Pour en savoir plus :

Constant DE WIT, À propos de l'«Isis» du musée d'Anvers. Bifao n°58, pp. 87-96, 1959.

Françoise DUNAND, Isis, mère des dieux. Paris, Éditions Errance, 2000.

Michel MALAISE, Famille Isiaque et "Ægyptiaca" en Gaule Belgique et en Germanie. Dans La Caravane du Caire, Versant Sud et La Renaissance du Livre, pp. 15-39, 2006.


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