Expositions : Musée du Malgré-Tout, Treignes, 2009

Aux origines de Pharaon.


Présentation

Du 5 avril au 8 novembre 2009, le Musée du Malgré-Tout à Treignes présente l’exposition « Aux Origines de Pharaon ». Un peu plus de 150 objets nous révèlent les racines de l’Égypte et les prémices de la société pharaonique.

L’exposition a été conçue et présentée par le Musée des Tumulus de Bougon, revue, scénographiée et présentée au Musée du Malgré-Tout par Claire Bellier, Nathalie Bozet et Pierre Cattelain.

Tous les objets exposés, à l’exception de la très belle copie de la Palette de Narmer, sont des originaux. Ces pièces proviennent du musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en Laye, des Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, du Musée Royal de Mariemont, des Musées de Châteaudun, Laon, Amiens et Lokeren ainsi que de collectionneurs privés.

Une quinzaine de panneaux didactiques (bilingues F/NL) guident le visiteur et complètent les vitrines.

Renseignements pratiques : Site officiel du Musée du Malgré-Tout



(Très) bref résumé de l'exposition

  • Introduction

  • Le manque d’éléments archéologiques révélant l’existence d’une civilisation pré-dynastique a longtemps donné l’impression que la civilisation égyptienne prenait naissance approximativement avec la pyramide à degrés de Djoser. Auguste Mariette, par exemple, a toujours rejeté l’existence d’une préhistoire égyptienne.

    Il faudra attendre la fin du XIXe siècle et les fouilles de Jacques de Morgan, Flinders Petrie et Émile Amélineau sur des sites tels que Nagada et Abydos pour que les positions changent.

    Mais c’est principalement grâce aux fouilles réalisées sur de nombreux sites au cours de ces vingt-cinq dernières années que la préhistoire égyptienne va s’affirmer comme une discipline à part entière.

    Carte d'Égypte donnant les sites prédynastiques

  • Le Paléolithique (700 000 - 10 000 av. J.-C.)

  • On a retrouvé des traces d'occupations des rives du Nil remontant à 700 000 ans.
    Les chasseurs-cueilleurs de la fin du Paléolithique s'adaptèrent à la vallée du Nil, menant une vie semi-sédentarisée et se déplaçant au rythme des crues du fleuve.

    Silex provenant de Gournah (région thébaine)

  • Le Néolithique (VIe - Ve millénaire av. J.-C.)

  • Les premières traces d'une culture néolithique en Égypte remontent à 5400-4500 av. J.-C. et se situent principalement dans le Delta du Nil ainsi que dans le Fayoum.

    Au cours de cette période, les populations nilotiques se sédentarisent. Tout en pratiquant toujours la chasse et la pêche, les hommes développent une économie agro-pastorale grâce à des contacts avec des groupes venant de l'est du Sahara et du Moyen-Orient.

    Pointes de flèches en silex

  • IVe millénaire : la période prédynastique

  • La Haute-Égypte semble se caractériser par une société hiérarchisée, contrairement à ce qui se passe dans les communautés relativement égalitaires du Delta.

  • Le Badarien (4500 - 3800 av. J.-C.)

  • Le matériel retrouvé dans les tombes de cette culture de Moyenne-Égypte (poteries rouges à bord noir, outils en os, parures, palettes à fard...) indique qu'il s'agit d'une société inégalitaire capable de produire des biens de luxe.

  • La culture de Nagada

  • En Haute-Égypte, le site de Nagada révéla plus de 2200 tombes dont certaines étaient particulièrement grandes et bien structurées.

    Flinders Petrie, qui fouilla le site en 1895, se basa sur la typologie de la céramique retrouvée dans les sépultures pour établir trois périodes successives : Nagada I, Nagada II et Nagada III.

  • La première époque de Nagada (3800 - 3400 av. J.-C.)

  • C'est à cette époque que se développent les premiers centres urbains.

    L'industrie de la pierre démarre, notamment pour la fabrication de vases et de palettes à fard.
    Ces dernières, véritables objets de luxe, étaient utilisées pour broyer des matières minérales. Leurs formes sont variées, allant du simple losange allongé à l'animal stylisé.

    Palette à fard-pendentif à deux têtes d'oiseaux

    En se qui concerne la céramique, la phase de Nagada I voit se développer une production de vases "à bords noirs" (black-topped) dont la surface extérieure est d'un rouge brillant.

    D'autres vases de formes ouvertes à fond rouge sont parfois ornés de motifs géométriques de couleur beige : lignes droites, hachures, zigzags (qui, au passage, préfigurent le signe hiéroglyphique de l'eau) ou encore étoiles, végétaux voire animaux stylisés.



  • Nagada II (3400 - 3200 av. J.-C.) : le développement des chefferies

  • La culture nagadienne s'étend à toute la vallée du Nil. C'est à cette époque que se développent des centres de pouvoir et qu'une élite sociale se démarque comme en témoignent la qualité des objets luxueux retrouvés dans les tombes.

    La poterie du Nagada II comporte des vases de couleur crème sur lesquels sont dessinés des décors abstraits ou des scènes faisant intervenir des êtres humains, des éléments végétaux, des barques et des animaux.

    Vase à décor de flamants, de bateaux et de végétaux
    (Musée de Laon)

    Les premières figurations apparaissent, comme ces statuettes féminines en terre cuite...

    ... et ces représentations d'hommes barbus, probablement des chefs, la barbe étant un attribut du pouvoir que l'on retrouve dans tout l'art égyptien.

    Ma pièce préférée : un petit vase en forme d'hippopotame provenant d'une collection privée. Un excellent témoignage de la maîtrise technique des artisans de l'époque !



  • Nagada III (3300 - 2900 av. J.-C.) : l'émergence de la royauté

  • Les centres de pouvoir (Abydos, Nagada, Elkab, Hierakonpolis) abritent maintenant de véritables cimetières d'élites. Les tombes se distinguent par leur taille et la qualité de leur équipement funéraire.

    Collier de petits coquillages

    Certains objets, présents aux époques précédentes, disparaissent. D'autres évoluent (vases en pierre, palettes à fard...) et de nouvelles forment apparaissent.

    Les magnifiques vases de pierre de cette période démontrent que le travail de la pierre était déjà parfaitement maîtrisé.

    Petit vase en calcite
    (Collection privée)

  • L'écriture

  • Des tablettes portant des signes d'écriture retrouvées dans la tombe U-j d'Abydos font remonter les débuts de l'écriture à 3300 av. J.-C.

    On la retrouve en courtes inscriptions sur des poteries, des sceaux, des étiquettes à jarres et des stèles funéraires.

    Fragment de coupe avec le nom du roi Aha dans un Serekh
    (Pierre, Abydos, Ire dynastie)

  • Des premiers rois aux pharaons (3100 - 2700 av. J.-C.)

  • Les premiers rois connus, l'écriture et l'architecture monumentale apparaissent entre 3100 et 2600 av. J.-C.

    Les bases de la civilisation égyptienne, l'unité économique et politique du pays se mettent en place.

    Figurine de lion couché
    (Ivoire, Abydos, Ire dynastie)

    Plateau de jeu de serpent Mehen
    (Faïence égyptienne bleue, Abydos, époque thinite)

    Le catalogue

    Disponible au début du mois de juillet, le catalogue de l’exposition a été supervisé par la grande spécialiste de la Préhistoire, Mme Béatrix Midant-Reynes de l’université de Toulouse.

    Les fouilles organisées depuis une quinzaine d’années ont apporté des éléments nouveaux sur cette période peu connue de l’histoire égyptienne. L’ouvrage en fait la synthèse, nous donnant un aperçu des connaissances actuelles sur la période pré-dynastique.

    Sources

    - Les panneaux didactiques de l'exposition.

    - Les commentaires de Nathalie Bozet lors de la visite guidée du 20 juin 2009.

    - Le dossier pédagogique (format .pdf)

    Photographies

    Corinne Smeesters, juin 2009



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