Les tribulations de Horus et de Seth

Présentation

Connu par le Papyrus Chester Beatty datant du règne de Ramsès V (environ 1160 av. J.-C.), ce conte très irrévérencieux dépeint dans un langage populaire le monde des dieux divisés par des querelles assez sordides et n'apparaissant pas à leur honneur. Il s'agit de l'adaptation d'une création antérieure remontant au Moyen Empire : les contemporains des Amenemhat et des Sénousret connaissaient déjà ce récit. L'auteur souligne les faiblesses et les défauts des dieux et s'enhardit à parler d'eux sur un ton familier voire irrespectueux.
La source du récit est une vieille légende évoquant la rivalité d'Horus et de Seth, se disputant la fonction royale qu'Osiris, avant de devenir le dieu des morts, avait exercée sur terre. Le procès engagé devant l'Ennéade dure depuis quatre-vingts ans quand commence la narration. Nous assistons aux dernières phases de la lutte et au triomphe final d'Horus, sa victoire étant celle du bien sur le mal.

L'auteur a inséré quelques épisodes dans son récit. Ces diverses péripéties, habilement soudées les unes aux autres se succèdent comme des images sur un écran et devaient tenir en haleine l'auditeur égyptien :

- L'historiette d'Hathor dévoilant sa nudité devant son père Rê-Harakhti qu'elle souhaite dérider.

- L'anecdote de la décollation d'Isis. Seth propose qu'Horus et lui se transforment en hippopotames et plongent dans les flots. Le dernier qui ressortira sera roi. Isis fabrique un harpon qui par erreur atteint Horus. Elle envoie ensuite son arme sur Seth mais prend pitié de ses lamentations et rappelle son javelot. Furieux, Horus sort de l'eau et tranche la tête de sa mère. Seth arrache alors les yeux de son ennemi qui est guérit par Hathor.

- Des scènes de magie.

- Le récit des relations contre nature d'Horus et de Seth : Seth tente en effet de violenter son neveu.

- La correspondance échangée entre l'Ennéade et d'autres dieux habitant au loin.

- L'épisode de l'Ile du Milieu est certainement le mieux réussi. L'Ennéade souhaite se réunir sur l'île sans la présence d'Isis. Prenant l'apparence d'une vieille femme, la déesse soudoie le passeur Anti avec un anneau d'or et arrive sur l'île. Se transformant ensuite en une superbe jeune fille, elle attire Seth auprès d'elle et lui raconte qu'étant devenue veuve, un étranger a profité de sa faiblesse pour s'emparer du bétail qui revenait à son fils. Seth s'indigne d'une telle injustice sans se rendre compte qu'ainsi, il se juge lui-même devant l'Ennéade.

Horus est représenté comme un enfant, faible de constitution et de caractère mais ingénieux et ayant hérité de la bonté de son père Osiris.
Seth au contraire est dépeint comme un être fort, brutal, aux mœurs grossières, un rustre facile à berner.
Autour d'eux gravitent d'autres dieux. Le "Maître Universel" qui est à la fois Rê-Harakhti et Atoum d'Héliopolis, est un seigneur orgueilleux et irritable, dirigeant les combats avec partialité et protégeant Seth qu'il redoute.
Isis, mère tendre et vigilante, mène énergiquement la lutte contre l'ennemi de son fils.
Neith, du fond de sa retraite, envoie son témoignage en faveur d'Horus. Osiris menace de ses démons les dieux et déesses coupables de mauvaises actions. Chou propose d'accorder la couronne à Horus. Interviennent également Banebdedet , prudent et circonspect et Thot, l'écrivain, aussi habile que sage, au service des dieux ignorants.

Traduction

Contes de l'Égypte ancienne, traduction de Pierre Grandet, Paris, Hachette Littérature, 1998, pp 119-138.

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